17 septembre 2018

# 17 J'ai vu... Reviens moi (2007-Joe Wright)


Jouant parfaitement la carte du mélodrame hollywoodien, le film déroute par son parti-pris narratif: l'entièreté du récit est un un peu prés romanesque issu d'un personnage qu'on attendait pas et qui, très vite, se trouve au cœur de son propre dispositif. Si, sur l'affiche, on nous vend un film axé sur le couple Keira Knightley/James MacAvoy (couple magnifique, au demeurant), on est rapidement surpris d'être "collé" à un troisième larron, une larrone en l’occurrence, qu'on aura le loisir de découvrir à plusieurs stade de sa vie. Personnage très vite insupportable (et croyez-le: Saoirse Ronan est parfaitement crédible dans ce registre), elle justifie très vite son statut de vipère (elle est à l'origine de la séparation-titre) avant de nous entraîner, in fine, bond dans le temps à la clef (effet stupéfiant plutôt réussi), vers sa soi-disante rédemption. Disons-le: Vanessa Redgrave (troisième âge du personnage, sublime de simplicité) à beau vouloir nous apitoyer, on se rend compte qu'elle a fait du drame des autres le sien, avec cette insidieuse sensation (elle avoue avoir réécrit l'histoire) de vouloir obtenir un pardon que ni nous, ni même les défunts absents impliqués ne serions prêt à lui offrir. 
On se rend compte, au final, que le film dépasse de loin son ambition: vouloir faire de reviens-moi un drame total, y compris en nous privant de la satisfaction d'être triste. Si la sensation n'est pas inédite, elle mérite une certaines attention (une curiosité déplacé, complice, un peu malsaine) de notre part. 




Date de sortie 9 janvier 2008 (2h 03min)De Avec Keira KnightleyJames McAvoySaoirse RonanSYNOPSIS ET DÉTAILSAoût 1935. Malgré la canicule qui frappe l'Angleterre, la famille Tallis mène une vie insouciante à l'abri dans sa gigantesque demeure victorienne. La jeune Briony a trouvé sa vocation, elle sera romancière. Mais quand du haut de ses treize ans, elle surprend sa soeur aînée Cecilia dans les bras de Robbie, fils de domestique, sa réaction naïve face aux désirs des adultes va provoquer une tragédie et marquer à jamais le destin du jeune homme.


26-05-18 Kong: Skull Island


Si l'intérêt d'une telle entreprise passe sous la barre du zéro d'intérêt (encore et toujours la même histoire), on comprend rapidement que le metteur en scène essaye de déjouer l'attente de ses commanditaires (faire un bout de remake de celui-ci, un bout de remake de celui-là) sur un argument spectaculaire, évoquant l'imaginaire d'un film de guerre maladroitement  piraté par le film d'aventure, un peu comme si Apocalypse Now se voyait intégré les pires séquences du King Kong de Peter Jackson. 

Très vite, et malgré la différence visible, scénaristique, de présence entre les personnages les plus faiblards et ceux qui nous intéresse vraiment, on comprend que le cinéaste préfère un millier de fois se concentrer sur son colonel obstiné (Samuel L. Jackson, parfaitement casté sur ce rôle) plutôt que sur son couple familly friendly, interchangeable à corvée avec toutes les productions ambiantes de cette taille là (Jurassic World par exemple). On passera donc quatre-cinquième de notre temps à mourir d'ennui tandis qu'on appréciera quelques bouts, ici et là, de ce qui aurait du être une version légitime, nouvelle, voir crépusculaire d'un classique de l'histoire du Cinéma. 

Pas un palimpseste non plus mais un spectacle suffisamment curieux pour éveiller notre curiosité.  


Date de sortie 8 mars 2017 (1h 59min)De Avec Tom HiddlestonSamuel L. JacksonBrie LarsonSYNOPSIS ET DÉTAILSAvertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
Un groupe d'explorateurs plus différents les uns que les autres s'aventurent au cœur d'une île inconnue du Pacifique, aussi belle que dangereuse. Ils ne savent pas encore qu'ils viennent de pénétrer sur le territoire de Kong…



13 septembre 2018

# 16 J'ai vu... The Shootist (1976-Don Siegel)


The shootist, dernière apparition programmé de John Wayne sur les écrans de cinéma, est un tombeau monumental, flamboyant, tourné avec la sécheresse et la cruauté qui caractérise le cinéma hollywoodien des années 70. On pensait avoir tout vu en matière de crépusculaire: c'était sans compter sur ce chapitre le plus essentiel du genre western, seul genre dont la naissance coïncide avec celle du cinéma américain. De là à dire que le cinéma hollywoodien tout entier meurt avec lui, il n'y a qu'un pas, un pas de géant que le film franchit allègrement. 
Si The shootist est un tombeau immense, bien enfoui, avec les visages familiers de Ford, Hawks et Lang gravé tout autour, on réalise, à sa toute fin, que ce qu'il nous en reste, en dehors de tous les signes qui indiques clairement ici le chef  d'oeuvre, voir l'oeuvre définitive, ce qu'il nous reste, donc, c'est une petit croix bariolée, bricolé avec deux bouts de bois en un brin de ficelle pour nous indiquer qu'ici, à cet endroit précis et en toute modestie, repose une certaine idée de l'Amérique, et avec elle, du Cinéma. 


Date de sortie 10 août 1977 (1h 40min)

SYNOPSIS ET DÉTAILS

Les derniers jours d'un célèbre tireur, légende de l'Ouest, qui vient d'apprendre qu'il va mourir d'un cancer.