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23 novembre 2018

05-08-18 Les Gardiennes


Je me fais tout le temps avoir avec Xavier Beauvois, c'est dingue. 
A chaque fois que j'apprend la sortie d'un de ses films et que je regarde la bande annonce d'un œil curieux, j'ai (je l'avoue) beaucoup de mal à m'enthousiasmer. Quel erreur! Et à chaque fois la même. A croire que je ne m'y ferais jamais!
Si, dans le fracassant Des hommes et des Dieux on avait laissé le cinéaste à la frontière entre la clarté et l'obscurantisme (pour ne pas dire la victoire de l'obscurantisme), on retrouve ici, dans le Gardienne, cette même envie de voir apparaître ou disparaître les protagonistes, comme des corps en proie malgré eux à une écrasante idéologie hors champs (cette fois-ci, la guerre, la sale guerre).
En un plan, sublime (disons-le tout de suite: chaque plan est sublime), voilà l'un des fils qui s'en va, partant au loin sur la route, vers un hors-champs brumeux, abstrait, une disparation (la mort l'attend au bout) tandis que, tout du long, comme pour retarder cette disparition, il se retourne, continuant d'avancer, regardant ce qu'il sait être pour la dernière fois l'endroit qui l'a vu naître, grandir, éduquer (il est instituteur) et qui devient, maintenant, sous nos yeux le témoin de son annihilation. 
Le film situe son récit exactement un siècle avant son propre tournage: c'est un choc entre deux monde. Voir les personnages qui l'anime travailler, subir, vieillir, grandir, s'éprouver, manger le fruit de leur travail, en un mot vivre leur époque, c'est une proposition fabuleuse, extraordinaire. 
Les intrigues familiales qui tissent la narration du film passe aussi par ça: le beurre que confectionne Francine avec la mère Paridier, ce même beurre que l'on retrouve sur la table lorsque la mère interpelle sa propre fille sur la raison du renvoi de Francine (la confrontation et la rumeur), c'est l'incarnation même de cette rupture culturel entre hier et aujourd'hui. Peu à peu, la modernité mécanique, industriel, fait irruption dans la vie de la ferme. Bientôt, ce beurre moulé à la main aura disparu, et l'idéalisme qu'il a incarné mourra avec lui. L’obscurantisme est partout, hors champ, bien évidemment, mais in fine au cœur même de la vie des Paridier: c'est tout le drame du film que cette décision (cette injustice, cette renonciation dramatique, contre nature, cette abandon de soi, de ce qui est semble juste contre ce qui doit l'être). C'est aussi là que triomphe, une fois encore, l'obscurantisme. Comme un mal absolu, inaliénable. Éternel. 
Les gardiennes est un film lumineux, avec une mise en scène et en image sublime. 
Les gardiennes est un film prodigieux, par son casting, par les moyens qu'il mets en oeuvre (décors, costumes, accessoire, tout est dans le véritable) jusqu'à son train, flamboyant, apparaissant à deux reprises (comme un liens avec ce hors-champs meurtrier). J'en profite pour dire d'ailleurs à quel point, décidément, l'objet train, au cinéma, devient une occurrence cinéphile, le kilomètre zéro du cinéma, de la Bête humaine de Renoir jusqu'au récent Crime de l'Orient express de Kenneth Brannagh, en passant par le TGV de De Palma dans Mission impossible ou la locomotive en mouvement, insaisissable, du combat final de Grand Master de Wong Kar Wai. C'est l'objet par excellence à travers lequel va s'exprimer, de façon consciente ou non, la filiation que le cinéaste entretien avec son film, son oeuvre, comment il se situe dans cette histoire du Cinéma. Ici, avec Les Gardiennes, voici un objet (le train) qui incarne parfaitement ce lien entre modernité et obscurantisme, puisque c'est lui qui emmène à la guerre (vers les disparitions ou l'origine des cauchemars) tout en symbolisant, au même titre que le tracteur américain qui fera son irruption vers la fin du film, ce passage vers un idéal moins pénible, assisté, dénaturé peut être, mais sauvegardant tout de même la famille Paridier de la ruine (puisqu'il est forcément une alternative à la disparition des hommes, décimés en masse, dans le milieu rural à ce moment).
Je le redis encore une fois: il faudra que je revienne, à l'occasion, longuement sur ce paradigme de plus en plus présent dans le cinéma contemporain. Fin de la parenthèse.
Enfin, Les Gardiennes est un film courageux, et c'est là tout le point du film: faire une telle proposition de nos jours, à rebours de tout ce qui ce fait en la matière, c'est ce qu'il y a de plus courageux. Faire exister un tel film aujourd'hui, dans un paysage cinématographique de plus en plus restreint, c'est une entreprise complètement (financièrement?) insensée et en même temps quelque chose d'essentiel, une oeuvre à la portée de n'importe quel spectateur, au pouvoir ludique incomparable. 
Un film qui a su saisir son temps et nous remettre en place. Un parfait remède contre un obscurantisme cinéphile de plus en plus prégnant. 
Un chef d'oeuvre. 



LES GARDIENNES
ate de sortie 6 décembre 2017 (2h 14min)
SYNOPSIS ET DÉTAILS
1915. A la ferme du Paridier, les femmes ont pris la relève des hommes partis au front. Travaillant sans relâche, leur vie est rythmée entre le dur labeur et le retour des hommes en permission. Hortense, la doyenne, engage une jeune fille de l'assistance publique pour les seconder. Francine croit avoir enfin trouvé une famille...

01-08-18 Mother !



Avec Mother!, Arronofsky s'attache à cryptographier un récit déjà lourd en allégorie: relation entre l'artiste et son oeuvre, relation entre le créateur et sa fabrication etc... D’ailleurs, le film menace pendant toute son introduction de se livrer comme un remake déguisé du Rosemary's baby de Polansky. Avant que le soufflet ne retombe et patauge dans un gros délire créationniste: le premier homme qui entre dans la maison, la blessure aperçu à son flanc avant de ne voir débarquer la première femme, puis leur deux enfants qui s’entre-tuent pour une histoire d'héritage... Adam, Eve et leur rejeton. A plusieurs reprise, le cinéaste répète inlassablement son motif: Jennifer Lawrence est une incarnation de la mère Nature, et la maison, avec qui elle entretient ce lien fusionnel, la planète terre. Bardem est donc le démiurge. Au sens strict, platonicien du terme.
On peut également y voir une métaphore du cinéaste entrain de se dépatouillé avec son propre objet filmique, puisque Jennifer Lawrence a décidément bon dos. Le délire fonctionne à plein. D'ailleurs, et dès les première séquence, aucune raison de s'en cacher: la maison est au milieu de nulle part, littéralement. Quelque chose cloche pour le touriste cinéphile venu visiter le dernier monument du cinéaste New-yorkais qui, il faut bien se l'avouer, sait attirer le chalands.
On peut lire partout, et avec la jubilité dérisoire habituelle, ici et là, dans la presse papier ou numérique, que le film fait sensation, qu'il divise son public entre détracteur et pro-Arronofsky. En fait il n'en est rien, puisque chacun peut y trouver midi à sa porte. Le conflit est purement artificiel puisque le film veut à tout prix s'adresser à tout le monde. A la fin, malheureusement pour lui, il ne s'adresse plus  personne.
Reste l'actrice, en tension continue, monstre d'incrédulité. Et ce final, tout en accélération, qui arrive pendant un moment, complètement fou, à capturer l'essence d'un rêve (ou d'un cauchemar plutôt) fait la nuit et duquel il nous reste quelques birbes le matin au réveil, avant que celui-ci ne disparaisse à jamais de notre mémoire. Pour cet instant, et cet instant seulement, le film vaut donc son coup d’œil curieux.


MOTHER! 
Interdit aux moins de 12 ans
Un couple voit sa relation remise en question par l'arrivée d'invités imprévus, perturbant leur tranquillité. 

22 novembre 2018

24-07-18 Psychokinesis


Je viens de voir Psychokinesis, le follow-up du réal de Train to Busan. C'est un film génial, avec un point de départ quasi similaire à Busan (un père va essayer de reconquérir le cœur de sa fille). C'est hyper touchant et la satire sociale (tordre une fois encore la référence américaine, avec ici le film de super héro en ligne de mire) fonctionne à plein. Le ton paraît plus légers et pourtant, la critique sociétale (état à la solde du privé, contre le peuple, avec les médias comme arme toute puissante) est vraiment acerbe. On reproche au film de ne pas être aussi solennelle que Busan. Dommage, on passerait facilement à côté d'un film bien plus complexe, le spectaculaire étant justement le point faible du discours, la faiblesse du héro. In-fine d'ailleurs, il se résigne. L'image finale montre alors la récupération mercantile, indéfectible, inéluctable, de cette manifestation du spectacle: tout comme le drame à venir nous est d'abord présenté sous la forme d'une real-tv, incontournable introduction du film (condamnation), voila que l'image final achève de transformer l'inopportun héro en un emblème semblable à celui d'une chaîne de malbouffe. Tout un empire, à corps perdu.
Ps: il y a quand même de quoi s'interroger, en cherchant sur le net, de n'y trouver que de la médiocrité autour de la réception de ce film, pas le début ne serait-ce que d'un peu de considération intellectuelle, comme si, finalement, la question du genre avait fini par tuer toute possibilité de sérieux ou de remise en question. C'est un peu comme si, à la sortie de Robocop, en 88, toute la critique ciné était passé à côté du portrait, en direct, que le film faisait de l'Amérique dont il était issu. Rassurez-moi: à l'époque, y'a bien des gens qui s'en sont préoccupés, n'est-ce pas... N'EST-CE PAS???


PSYCHOKINESIS
Date de sortie 26 avril 2018 en VOD (1h 41min)De Avec Ryu Seung-RyongEun-Kyung ShimPark Jung-minSYNOPSIS ET DÉTAILS
Un homme ordinaire se découvre des superpouvoirs qu'il va utiliser pour défendre sa fille hyperactive et son entourage. Mais il va aussi s'attirer des ennuis...

21-06-18 Downrange


Slasher Movie on ne peu plus primitif, Downrange déroule son programme rondement: casting idéal de victime pour le genre, boogey-man fantasmatique et parfaitement caractérisé par son engin de mort, coup de théâtre sanglant et final jubilatoire. Difficile de ne pas se prêter au jeu que nous offre Kitamura. Exercice de style aussi vain que séduisant, il énonce en définitive une règle simple, comme me le rappelait mon pote Garth, gravée dans le marbre: l'horreur, c'est aussi du rire. Quitte à l'avoir coincé, à l'image du final, en travers de la gorge. 


DOWNRANGE
Date de sortie 25 juillet 2018 en DVD (1h 30min)
SYNOPSIS ET DÉTAILS
Six étudiants font du covoiturage, jusqu'à ce que leur véhicule se retrouve avec un pneu crevé dans un coin reculé et désertique des Etats-Unis. Sauf que ce pneu crevé n'est pas un accident, quelqu'un leur a tiré dessus et va les assassiner un par un.

18-07-18 Red Sparrow


Il y a, dans Red Sparrow, un projet de mise en scène assez fou. On comprend très vite qu'il s'agit de mettre en parallèle, d'un côté, la soumission corporelle extrême que subit le personnage à l'intérieur même du récit et, d'un autre, le dévouement exceptionnel avec lequel Jennifer Lawrence offre son corps au film lui-même. C'est assez fou, également, de remarquer qu'aucunes presses, ni même aucuns critiques amateurs très présents sur la toile n'ont remarquer un tel parallèle, un tel projet de mise en scène qui entraîne le film immédiatement dans une autre sphère que le vulgaire film d'espionnage. 
Plus le film avance, plus il est claire que Red Sparrow se construit tantôt comme une Eglise à la gloire de sa comédienne, véritable icône, sans laquelle le film lui-même n'aurait pas de raison d'exister, et en même temps un sarcophage, entièrement dédié à enfermer le corps de Jennifer Lawrence, à le substituer, le préserver de notre regard pour ne plus nous laisser qu'avec l'idée de celui-ci. Comme si ce film allait être le dernier. 
La violence, dans Red Sparow, y est sèche, extrême, peu habituelle. Anti-commerciale même, tant elle intellectualise chaque situation plutôt que de la chorégraphier ou de nous la rendre spectaculaire. L'intrigue elle-même est complexe, dense, se déployant lentement sur le principe des poupées russes. On peut comprendre que la lenteur du film, ses nombreux dialogues, ont pu ennuyer les amateurs de série B et autres fanatiques du film d'action "qui ne cherchent qu'à se reposer la tête et se vider le cerveau". 
Effectivement, Red Sparrow est un film complexe, très difficile à vendre, à faire exister sur le marché du cinéma américain tel qu'il existe aujourd'hui, entre DTV deluxe et syndrome du serial sans fin. Red Sparrow est définitivement un film à part, un film trés courageux. D'autant plus quand on réalise à quel point pour le cinéaste et la comédienne, mari et femme dans le privé, le sujet peut devenir personnel, presque intime.
C'est donc un film courageux, qui, pour exister, doit bien entendu faire des compromis (l'accent russe simulé, pour évidemment obtenir une sortie plus large et surtout des investisseurs) mais dois également avancer caché. 
A l'image de son héroïne, justement. CQFD. 


RED SPARROW
Date de sortie 4 avril 2018 (2h 21min)
De Avec Jennifer LawrenceJoel EdgertonMatthias SchoenaertsSYNOPSIS ET DÉTAILS
Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement
Une jeune ballerine, dont la carrière est brisée nette après une chute, est recrutée contre sa volonté par les services secrets russes. Entraînée à utiliser ses charmes et son corps comme des armes, elle découvre l’ampleur de son nouveau pouvoir et devient rapidement l’un de leurs meilleurs agents.

17 octobre 2018

27-06-18 Atomic Blonde


Atomic Blonde se veut un film cool et branché, avec des néons dans les yeux, où le projet de mise-en-scène du film se réduit à mettre la caméra à l'envers en entrée de plan, pour finalement la retourner tandis que son personnage-titre avance vers nous sans que cela ne provoque un sens ou une incidences sur l'intrigues du film. C'est un film qui va donc loin, très loin dans la recherche du cool. Intéressera qui voudra. Pour ma part, j'ai arrêter de perdre mon temps avec ce navet à ce moment précis du film. Soit une demi-heure de ma vie de cinéphile perdu à jamais. Au suivant. 


ATOMIC BLONDE
Date de sortie 16 août 2017 (1h 55min)

SYNOPSIS ET DÉTAILS

Interdit aux moins de 12 ans
L'agent Lorraine Broughton est une des meilleures espionne du Service de renseignement de Sa Majesté ; à la fois sensuelle et sauvage et prête à déployer toutes ses compétences pour rester en vie durant sa mission impossible.

26-06-18 Pacific Rim Uprising


Pacific Rim Uprising est tout a fait symptomatique des mutations actuelles qui sont en cours dans le milieu hollywoodien: c'est à dire le retour d'influence que subit le grand écran face au succès insolent des feuilletons télévisés contemporains. A force de vouloir raconter plus d'histoires qu'une seule histoire elle-même ne puisse contenir, on se retrouve avec un objet cinématographique certes rutilant, brillant et explosif, mais tournant à plein régime sur les péripéties et la multiplication des personnages, ne voulant au final ne rien raconter et ne rien dire, fermant les yeux sur le monde tel qu'il se présente à lui, n'étant le miroir que de lui même. La mise-en-scène n'existe plus que pour elle-même, c'est à dire sans aucun soucis intellectuel, politique ou esthétique. Ce n'est plus qu'un instrument de réalisation, un rouage d’exécution témoin d'une bouffonnerie ou plus rien n'a d'importance, ce qui vient avant, ce qui viendra après, etc... Quelle importance ont les enjeux d'un tel film? Plus personne ne s'en soucis, et certainement pas le spectateur cible de ce spectacle, celui là même qui, de toute façon, revendiquera fièrement "je m'en fous!" après avoir raqué son billet d'entrée dans la salle. Un film finalement à l'image de son spectateur. 


Date de sortie 21 mars 2018 (1h 51min)

SYNOPSIS ET DÉTAILS:

Le conflit planétaire qui oppose les Kaiju, créatures extraterrestres, aux Jaegers, robots géants pilotés par des humains, n’était que la première vague d’une attaque massive contre l’Humanité.

28 septembre 2018

20-06-18 A quiet place


On a l'impression, en regardant l'introduction de A quiet place, d'assister à une réactivation du film de monstre des années 50. Et pourtant, là où la menace était souvent globalisée et métaphorique dans les films de genre de cet époque, A quiet place préfère en prendre immédiatement le contre-pied en resserant l'action autour d'une famille (la sienne, littéralement, puisque celle qui incarne son épouse dans le film est en réalité sa femme, Emily Blunt), tuant toute métaphore par un traitement plutôt cartésien et réaliste (un film à système avec ses codes le fonctionnement d'un espace sans bruit, mais aussi le fait d'avoir choisie comme interprète de la jeune fille une jeune comédienne réellement malentendante). 
Alors que plusieurs éléments transgressifs viennent ponctué la narration (la mort d'un enfant au début, le nouveau né enfermé dans une espèce de cercueil pour survivre, le bruit d'une arme à feu à la fin autour duquel l'unité familiale est retrouvée), on se surprend finalement à quelle signification tout cela peut bien mener? Quel espace politique, quel discours le film tente-t-il de faire exister? 
Et bien à une époque où le président Donald Trump réactive à son tour une politique américaine datée des années cinquante, on se réjouira de comprendre que cet objet "arme à feu" qui lui semble si chers et qui brisent le silence à la fin du film, cet arme à feu est donc tenu par un personnage qui cumule au moins trois fondamentaux complètement étrangers, voir antinomique de cette vision "à l'ancienne" qu'a Trump de l'Amérique : l'espoir, in fine, repose sur un personnage qui est un enfant, de plus handicapé et de surcroît de sexe féminin. Comme un désaveu magnifique, le film finit, dans un ultime élan transgressif, à retourner l'arme menaçante contre l'envahisseur lui-même.
Dans A quiet place, c'est une famille américaine bien réelle, meurtrie, qui sauve ce qui peut encore l'être de l'Amérique. 


Date de sortie 20 juin 2018 (1h 30min)De Avec Emily BluntJohn KrasinskiMillicent SimmondsSYNOPSIS ET DÉTAILSInterdit aux moins de 12 ans
Une famille tente de survivre sous la menace de mystérieuses créatures qui attaquent au moindre bruit. S’ils vous entendent, il est déjà trop tard.


17 septembre 2018

26-05-18 Kong: Skull Island


Si l'intérêt d'une telle entreprise passe sous la barre du zéro d'intérêt (encore et toujours la même histoire), on comprend rapidement que le metteur en scène essaye de déjouer l'attente de ses commanditaires (faire un bout de remake de celui-ci, un bout de remake de celui-là) sur un argument spectaculaire, évoquant l'imaginaire d'un film de guerre maladroitement  piraté par le film d'aventure, un peu comme si Apocalypse Now se voyait intégré les pires séquences du King Kong de Peter Jackson. 

Très vite, et malgré la différence visible, scénaristique, de présence entre les personnages les plus faiblards et ceux qui nous intéresse vraiment, on comprend que le cinéaste préfère un millier de fois se concentrer sur son colonel obstiné (Samuel L. Jackson, parfaitement casté sur ce rôle) plutôt que sur son couple familly friendly, interchangeable à corvée avec toutes les productions ambiantes de cette taille là (Jurassic World par exemple). On passera donc quatre-cinquième de notre temps à mourir d'ennui tandis qu'on appréciera quelques bouts, ici et là, de ce qui aurait du être une version légitime, nouvelle, voir crépusculaire d'un classique de l'histoire du Cinéma. 

Pas un palimpseste non plus mais un spectacle suffisamment curieux pour éveiller notre curiosité.  


Date de sortie 8 mars 2017 (1h 59min)De Avec Tom HiddlestonSamuel L. JacksonBrie LarsonSYNOPSIS ET DÉTAILSAvertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
Un groupe d'explorateurs plus différents les uns que les autres s'aventurent au cœur d'une île inconnue du Pacifique, aussi belle que dangereuse. Ils ne savent pas encore qu'ils viennent de pénétrer sur le territoire de Kong…



18 juillet 2018

15-04-18 The Mimic


The Mimic, film horrifique sud-coréen encore inédit chez nous, est un amalgame foireux des poncifs du genre. Mal filmé, monté avec le cul, étalonné avec la bite, laissez moi vous dire que vous allez en prendre pour votre grade question causalité: pourquoi il fait ceci? pourquoi il dit cela? Mais où est passé tel personnage? Quel est le lien entre tout ça? Autant de maux de tête que le film essaye de combler une fois toute les demi-heure avec une séquence sensé traumatisé son audience a coup de "truc" visuel et de toc de mise-en-scène (les miroirs comme on les a déjà vu en fait, au cinéma) tandis que l'incompréhension s'étale sur nos visage. Horriblement joué (dirigé dirons-nous) et à la limite du nanardesque (les personnages des inspecteurs de polices, ombres d'eux-même), le film se conclue par des plans survolant la forêt, voix-off sur-mixée en rappel (en rappel de rien d'ailleurs) afin de nous faire comprendre qu'en fait, la forêt, et ses arbres, c'était eux les véritable personnages du film. Quid de la grotte et de son boogey man? Quid de la grand-mère et de son passif de petite-fille? Ou va-t-elle? Que devient-elle? Quel est l'origine de ce monstre et de ce tunnel perdu loin de tout? Quel rapport avec l'enfant disparu du couple principal? Et pourquoi? Et comment? Quelle allégorie? 
Je vous avez prévenu: regarder The Mimic, version sud-coréenne en 2018, c'est s'exposer à saigner de la tête, des oreilles et des yeux. C'est surtout s'exposer a un ennui aussi abyssal que le propos du film. 


Date de sortie 15 mars 2018 sur Netflix (1h 40min)
SYNOPSIS ET DÉTAILS:Encore sous le choc de la disparition de son fils, une femme rencontre une gamine perdue... qui peut bizarrement imiter la voix de sa propre fille à la perfection.


17 juillet 2018

09-04-18 Murder on the Orient Express


Le crime de l'orient express, façon Kenneth Branagh, est une revisite plutôt réussi de l'univers d'Agatha Christie. Cette réussite tient principalement dans l'épaisse couche de pathos que l'acteur/réalisateur a voulu insuffler à son personnage principale, inventant des plages de solitudes et un passif complètement absent du roman. Poirot n'est plus un simple passeur de point de vu pour le lecteur, mais est devenu un véritable protagoniste de l'action, avec une épaisseur et une psychologie complètement inédite jusqu'ici. Du coup, le film n'est plus vraiment le "whodunit" procédural attendu, mais un film sur Poirot lui-même, véritable attraction principale du métrage, dont la métaphysique et les préoccupations vont bien au-delà d'une simple routine d'enquête autour d'un crime. 
Marque des temps, peut être, l'ambiance générale du film est plutôt dépressif et sombre, presque cynique, à mille lieu des colorations précédentes autour de l'oeuvre de Christie, notamment pour la télévision anglaise. Branagh oblige: on se croirait plus dans une adaptation de La Tempète de Shakespeare que d'un roman policier. 
Branagh est tellement impliqué dans son étude de Poirot (de lui-même) que le film frise avec l'abstrait, abandonnant ses longues plages picturales (production value à la Harry Potter qui, soit dit au passage, sont remarquablement inséré dans le montage et le récit) pour laisser le visage du comédien en gros plan lors de très long monologue. L'essence théâtrale n'est effectivement pas très loin. Cependant, le film est également remarquable d'un point de vue de la mise-en-scène, la caméra virevoltant autour du train (toujours cet objet-train, kilomètre zéro du cinéma) où à l'intérieur de celui-ci, inventant de toute ces forces des plans qui ne sont pas sans rappeler les prouesses formelles du Transperceneige et du Dernier train pour Busan avant lui. Il faudrait d'ailleurs ce pencher définitivement sur cette filiation entre cinéphilie et locomotive: Le crime de l'orient express, version Branagh, en tire tout son avantage lorsqu'il s'agit, dans son dernier tiers, de faire vivre Poirot autrement qu'avec les mots du théâtre ou de la littérature. Jean Epstein avait écrit, dans son essai: le Cinéma du diable, que le spectacle cinématographique d'alors avait passé la moitié de sa vie à se travestir avec le théâtre ou la littérature. C'est justement l'obsession du cinéaste anglais lorsqu'il fait exister, dans son cadre, le visage déconfit de Poirot, vacillant sur ses convictions, tandis que derrière lui, tout l'espace restant du cadre, dans son entier, est occupé par la locomotive déraillée de l'Orient express. 
Le petit coup de manche final qui appel au Nil et à une normalisation de la franchise selon les standards actuels du cinéma mainstream américain est en fait, contre toute attente, extrêmement palpitante: ce n'est pas tant la promesse d'assister à une nouvelle procédure policière tarabiscotée qui nous excite, mais plutôt de retrouver Poirot, comment il vieillit, ce qui a changé en lui, ce qu'il est devenu. 


Date de sortie 13 décembre 2017 (1h 49min)
SYNOPSIS ET DÉTAILS:Le luxe et le calme d’un voyage en Orient Express est soudainement bouleversé par un meurtre. Les 13 passagers sont tous suspects et le fameux détective Hercule Poirot se lance dans une course contre la montre pour identifier l’assassin, avant qu’il ne frappe à nouveau.

13 juillet 2018

04-04-18 Brawl in cell block 99


En deux films, le style Craig Zahler est établit: mouvement de caméra à minima, corps lourd et découpage brutal. Tout dans le cinéma de Craig Zahler, est une question de trajectoire: traverser un espace (allégorique ou pas, l'Amérique, le désert, etc..), un lieu (un couloir, un ponton, une pièce), mais aussi traverser un état, mental ou moral, y compris pour le spectateur. Lorsque Brawl in cell block 99 commence, par exemple, nous ne savons pas vraiment sur quel pied danser vis à vis de Bradley Thomas. Lui, qui apparaît Skinhead et croix tatoué sur la tête, peut faire peur. Lorsqu'il démolie la voiture de sa femme à mains nues, on se demande tout de suite si sa femme va subir le même sort. En fait, toute les attentes qui caractérise le personnage qu'incarne Vince Vaughn dans le film sont déjouée une à une, jusqu'au point où, une fois au bout du film, l'on est retourné par l'émotion que ce personnage abrupte va exprimer. 
Son désir de fonder une famille dans un milieu catholique et libéral est à la fois simple à exprimer et pourtant complexe à atteindre: avoir un bébé s'oppose à la fausse couche, réussir professionnellement s'oppose à la légalité, etc... 
On lui explique qu'il piétine les idéaux que représente le drapeau américain, il rétorque qu'il en a deux chez lui. 
De l'injustice justement, dont Bradley se présentera comme une victime, la victime presque divine, allégorique, représentative de tous (stigmate sur les mains et les pieds, croix à porter graver sur son corps) et en même temps doué d'une force de résistance surnaturelle, comme un roc, traversant le film sans presque jamais tressaillir, portant sa croix jusqu'au bout. Si bien qu'il provoque une empathie chez le spectateur que le final viendra expier, véritable climax, dont la violence cathartique finale libère et apaise. 
Si Bone Tomahawk n'était pas vraiment un western au sens strict du genre, Brawl in cell block 99 n'est pas vraiment un film de prison non plus. Juste un prétexte, une façade, un récipient pour une recette explosive dont ne sortent indemnes que les vieillards et les innocents. 



BRAWL IN CELL BLOCK 99
Date de sortie 25 septembre 2018 en DVD (2h 12min)

16 avril 2018

10-04-18 Mute


Si Mute souffre d'être un téléfilm (car c'est ce qu'il est, explicitement, produit par et pour le petit écran), il n'en demeure pas moins romanesque, et ce souffle narratif, cette envergure de l'histoire sied parfaitement au format télé. Sur bien des aspect, Mute reprend le cahier des charges plastiques et techniques de n'importe quel pilote de série télé moyenne, avec une emphase sur la localisation et les décors, un intrigue multipolaire, et des personnages plus complexe que d'ordinaire. Même le héro du film, souvent traité de "simplet" par son entourage, se veut plus profond et ambiguë que son mutisme et sa retenu ne le laisse penser. 
Mute, c'est la rencontre entre le film noir façon Raymond Chandler et l'univers cyber-punk directement hérité de William Gibson lui-même. Pendant les deux heures et des poussières que dure le film, on aurait presque l'impression de toucher le livre, de tourner les pages au fur et à mesure que les chapitres s’enchaînent. Chaque personnage à l'épaisseur d'une description tranquille, posée, loin des conventions cinématographiques, des notions de "gentils" et de "méchants" tout de suite identifiable pour le spectateur moyen. On peut comprendre que la construction très détaillé de l'univers de Mute puisse perdre une partie de son audience en cours car il ne répond à aucun critère de cinéma mainstream ni même de poncifs "indé" du genre. Mute est un objet filmique vraiment unique, une oeuvre fabriquée avec soin et sur le long terme, avec des compromis souvent maladroit (qu'il soit d'ordre narratif ou technique, voir les deux) mais compensé par une explosion de détails qui rendent l'univers de Mute si tangible et saisissant. Je me souviens, lors du long et très complexe plan d'introduction à la salle de bowling, avoir aperçu une jeune femme au premier plan entrain de bouger ses doigts dans le vide sans qu'on est vraiment le temps de saisir à quel activité elle se livrait. Je me rappel m'être dit, à ce moment-là, qu'il s'agissait peut être d'une coquille
de dernière minute, d'un oubli d'incrustation, d'un manque de budget pour la post-production d'effets spéciaux. Et puis, quelques séquences plus loin, nous voilà introduit auprès d'un personnage dont l’existence filmique ne durera que le temps d'une simple scène, et durant laquelle celui-ci s'adonne à une sorte de jeux en réalité augmenté, un premier plan nous montrant une vision subjective du dit jeux et un autre le détails de ses yeux "augmentés". Voilà, j'avais la réponse à mon interrogation. Et je veux dire: dans Mute, tout est comme ça, histoire de détails, ça fourmille de partout, c'est passionnant. Même certains détails d'ordre purement scénaristique peuvent mettre la puce à l'oreille: pourquoi, par exemple, le personnage de Léo est Amish, quel est la place des Amish dans ce monde, et plus particulièrement dans cette géo-politique, dans ce néo-Berlin (un plan, trés tôt dans le film , en dit beaucoup là-dessus)? Il faudra être attentif à la question pour mieux comprendre son geste dans le face à face qui l'opposera à Cactus en fin d'intrigue. Mais il faudra aussi avoir le souvenir de cette courte introduction sur son passé, son enfance et son accident traumatique, et la place qu'occupait, par exemple, sa jeune soeur dans cette séquence pour mieux comprendre sa relation avec Naadirah. Avez vous remarquez à quel point la jeune soeur de Léo est présente dans les premiers plans du film, comme si elle allait en être le protagoniste principale? Et le raccord entre son passé et le présent, entre le regard de cette soeur et la photo dans le cadre sur la table de chevet, représentant Naadirah. De même, le titre du film, arrivant discrêtement sur le carnet d'expression de Léo, à son chevet d'hôpital, tandis que se pose une lourde interrogation: où est la figure paternelle là-dedans. 

Il y a matière à beaucoup s'interroger dans le film, et Mute est suffisamment généreux (et bien fabriqué) pour apporter quelques éléments de réponse où ouvrir, au contraire, le champ des interrogations. Dans tous les cas, Mute est toujours passionnant. Ici, pas de discours caché sur le monde contemporain, pas de déclaration à la "black mirror" sur ce qui est bien ou mal, ou douteux moralement et éthiquement. Mute est un film quand même exigeant, parfois déviant, à l'imaginaire presque plus proche d'un film comme Brazil plutôt que de Blade Runner. N'en déplaise aux "fanatique" de ce dernier: si Mute reprend exactement l'univers de Blade Runner à son compte, c'est plus celui, original, issu de l'esprit de K.Dick que sa version d’esthète, de clip de luxe signé Ridley Scott. 

Mute risque de divisé, c'est sûr, mais constitue un grand moment de ce début d'année en terme d'expérience cinéphile. Voyons voir ce que le toutim de la presse spécialisée et des internautes en ont pensé. 

http://www.lepoint.fr/pop-culture/cinema/mute-le-nouveau-film-sf-de-netflix-qui-n-a-rien-a-dire-27-02-2018-2198120_2923.php
Mute, le nouveau film de SF de Netflix qui n'à rien à dire...

https://www.lesinrocks.com/2018/02/25/cinema/mute-de-duncan-jones-un-nouveau-long-metrage-rate-pour-netflix-111051464/
un nouveau long-métrage raté

https://www.ecranlarge.com/films/news/1014287-mute-le-nouveau-film-sf-de-duncan-jones-sorti-sur-netflix-se-fait-detruire-par-la-critique
Mute : le nouveau film SF de Duncan Jones sorti sur Netflix, se fait détruire par la critique

https://www.leblogducinema.com/critiques/mute-neon-froid-critique-866844/
Peut-on vraiment parler de science-fiction au sujet du problématique MUTE

http://www.syfantasy.fr/27049-Mute_loeuvre_dune_vie_manquee_par_Duncan_Jones
Mute, l'oeuvre d'une vie manquée par Duncan Jones

https://www.journaldugeek.com/critique/critique-mute-netflix-ne-trouve-voix/
Netflix ne trouve pas sa voix

https://www.forbes.com/sites/insertcoin/2018/02/25/netflixs-mute-isnt-just-bad-its-almost-unwatchable/
Mute n'est pas juste nul, c'est presque irregardable...

https://www.rottentomatoes.com/m/mute/#contentReviews

Ok. Bon. Il semblerait que le monde entier soit passé à côté de Mute. Je veux dire, je peux comprendre que le film ne plaise pas, mais de là à dire, unanimement, que c'est de la mauvaise SF, c'est affreux. Ça montre à quel point la culture littéraire de certain peut être limitée. Mute, c'est du pur Gibson. Par exemple, quiconque a lu Gibson comprend mieux l'analogie entre Léo et les dauphins. Les Dauphins. Je veux dire, lisais Gibson, et vous comprendrez le faux-semblant. Tiens, d'ailleurs, voyons ce qu'en dit le principal intéressé: 
https://twitter.com/greatdismal/status/967270258925948928?lang=fr
"Mute fait quelque chose que j'avais jusqu'ici supposé que seul la prose pouvait faire. Le pouvoir, en un million de petits détails terriblement cohérents et dévastateurs, de l'histoire d'un monde entièrement suggérée. Un cauchemar proche dans sa ressemblance avec le présent."

Non mais franchement, quand je lis certaine critique, je me demande sur quel pied danser. Quand on voit la reception critique d'un bidule comme la saison trois de Twin Peaks...
https://www.rottentomatoes.com/tv/twin_peaks/s03/
https://www.lesinrocks.com/2017/05/31/cinema/twin-peaks-un-retour-au-top-11949838/ 
(Kaganski: Avec la saison 3 de sa série phénomène, David Lynch continue d’ensorceler. Magistral.)
https://www.forbes.com/sites/lukethompson/2017/05/22/review-the-revived-twin-peaks-proves-we-can-have-nice-things/ 
(The Revived 'Twin Peaks' Proves We Can Have Nice Things)
extrait: https://www.youtube.com/watch?v=Vz9PtCVTH3w (kyle maclahan a sa tête qui disparaît)

J'aurais encore une -ou deux choses- à ajouter: non, le lien entre Moon et Mute n'est absolument pas puéril, encore moins un simple gimmick! Mais bon sang...
-Sans parler du caméo de Sam Rockwell dans la peau de Sam Bell, l'astronaute de Moon, simple accessoire scénaristique pour appâter les fans et permettant de créer un "mooniverse" (dixit Jones)
https://www.ecranlarge.com/films/critique/1014284-mute-critique-qui-n-a-rien-a-dire)
Mais posez vous la question d'un tel lien entre les deux films! De quoi parlez Moon: d'un mec qui se faisait cloner sans le savoir. JE veux dire, c'est comme le bébé chat dans Children of men (extrait) qui nous faisait poser la question suivante: qu'est ce que c'est que cet univers où l'homme n'arrive plus à enfanter tandis que les animaux, eux, le peuvent encore... Ici, même type d'interrogation: on passe le film à suivre Léo, en espérant qu'il retrouve ce qui lui manque (sa mère, sa sœur, ou sa fille, que ce soit sous la forme de la patrie, d'une amante ou d'une filiation artificielle), c'est à dire l'amour (et le sentiment amoureux, chez un amish, c'est pas tout a fait la même chose que celui de Love Story ou de Pretty Woman) dans un univers où, justement, on reproduit, on clone, on fait continuer à vivre, même, une fois encore, artificiellement. N'était-ce pas non plus, in fine, le sujet de Source Code? 


Date de sortie 23 février 2018 sur Netflix (2h 06min)


SYNOPSIS ET DÉTAILS
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Dans un proche avenir, Leo est barman dans un Berlin en pleine ébullition. A cause d’un accident survenu dans son enfance, Leo perd l’usage de la parole et ne vit plus que pour sa séduisante petite-amie Naadirah. Quand elle disparaît sans laisser de trace, Leo se met à sa recherche et se retrouve dans les bas-fonds de la ville.